PATRIARCAT
de MOSCOU
DIOCESE
DE CHERSONESE
DECLARATIONS
Article publié
dans « LA PENSEE RUSSE », n°4473, du 2 octobre 2003,
par son Eminence Monseigneur INNOCENT (VASSILIEV), archevêque
de Chersonèse.

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« En Italie, au monastère de Bose,
du 18 au 20 septembre 2003, s’est tenue la 11ième
Conférence Oecuménique Internationale, sur le thème
« le Saint Concile de l’Eglise Orthodoxe Russe de 1917-1918 »
à laquelle j’ai pris part.
L’héritage du Grand Concile de Moscou est considérable. On parle de plus en plus en Russie, de nos jours, des idées défendues par ce Concile, quoiqu’en Europe Occidentale - et particulièrement dans le diocèse de Sourozh et dans l’Archevêché des Eglises Russes Orthodoxes en Europe Occidentale (Patriarcat de Constantinople) - certaines de ces idées soient, depuis longtemps déjà, appelées par la vie même. Mais l’histoire se poursuit, une nouvelle page est ouverte. Aujourd’hui, se trouve à l’ordre du jour la question de la création, en Europe Occidentale, d’une circonscription métropolitaine. Et tout ceci se situe à nouveau dans le courant des idées du Concile de 1917-1918. Rappelons-nous qu’au début du 20ième siècle, la question de la division canonique du territoire de l’Eglise Orthodoxe Russe était au centre de l’attention des Evêques alors à la tête de l’Eglise. Lors de l’été 1905, ayant reçu l’accord de l’Empereur, le Synode envoya à chaque diocèse un questionnaire concernant la réforme ecclésiastique et les réactions commencèrent à arriver dès le mois d’Octobre de la même année. Dans leurs réponses, les Hiérarques russes plaçaient la question de la réorganisation de la direction de l’Eglise Russe au premier plan, la considérant comme un problème exceptionnellement compliqué et important. Leur majorité s’exprimait en faveur de la division canonique du territoire de l’Eglise en circonscriptions métropolitaines. La construction de circonscriptions métropolitaines se présentait comme la meilleure base pour une unité réelle de l’Eglise. Les Hiérarques voyaient dans les circonscriptions le moyen non seulement d’éliminer effectivement les insuffisances dans la vie de l’Eglise, mais encore de raccourcir les distances entre les lieux. L’évêque Euloge (Georguievski), en particulier, attira l’attention sur le fait qu’ « étant dans sa vie autonome et indépendante, chaque diocèse pourrait participer, en la personne de ses représentants et de ses délégués élus, aux conciles de la circonscription et, de cette manière, maintenir l’accord, préserver la communion et l’unité avec les diocèses de toute la circonscription, et, ensemble avec elles, par le moyen des conciles généraux, avec toute l’Eglise. » Ils voyaient, par conséquent, dans le concile métropolitain, une force capable d’équilibrer les rapports de forces entre les pouvoirs autoritaires de tous les éléments structuraux de la direction ecclésiastique, ce qui se répercuterait positivement sur la vie diocésaine tout entière. Seulement trois évêques (sur les 66 membres de l’épiscopat russe) rejetèrent la nécessité des circonscriptions métropolitaines. Ceux-ci ne défendaient pas des changements structuraux mais seulement des réformes dans le cadre du système de la direction ecclésiastique existant. Une majorité absolue allait encore plus loin et soulevait la question des frontières des circonscriptions métropolitaines et de leur nombre. Ici l’attention portait sur la dimension des diocèses et sur leur éloignement du centre, sur la possession commune des choses saintes de l’Eglise, sur les traditions et les intérêts ecclésiastiques, sur la signification et l’importance particulière de certains sièges, tant civile que dans l’histoire de l’Eglise, sur l’homogénéité de la population des territoires concernés et ce, aussi bien du point de vue ethnique que des mœurs et de la culture, mais aussi bien sur la présence, parmi cette population, de regards étrangers à l’Orthodoxie ou [venus] d’autres religions. Lors de la séance plénière de la Conférence Préconciliaire qui préparait les matériaux pour le Concile, le but de l’organisation des circonscriptions prit la forme suivante : renforcement de l’autorité ecclésiastique et élévation [du niveau] de la vie ecclésiastique. Pour y parvenir, étaient proposées quelques démarches concrètes. En premier lieu, il était important de reconsidérer la pratique du déplacement des évêques. Celle-ci [devait] être considérée comme une mesure exceptionnelle tendant [seulement] à préserver la liberté [personnelle] de choix des évêques. Ensuite, il était nécessaire d’élargir les pouvoirs des évêques. Ici, fut posée, sans parti pris, la question du droit des métropolites à ordonner des évêques pour les sièges [situés] dans les limites de leur circonscription. La décision finale fut prise à la réunion plénière de la Conférence : « Le choix des évêques appartient au concile des évêques, avec à leur tête le métropolite, avec la participation des clercs et des laïcs pour la désignation des candidatures ». Au métropolite, en particulier, était attribuée la primauté d’honneur et était transmis le soin des conciles locaux, la formulation des questions [soumises] à délibération, la réunion des séances et le contrôle de l’application des décisions conciliaires. On peut remarquer que l’argumentation pour ou contre la construction en circonscriptions métropolitaines était [partout] identique aussi bien dans les réponses des évêques, dans les séances de la Conférence Préconciliaire, dans les séances de la Délibération Préconciliaire, dans les discussions du Conseil Préconciliaire, qu’au Concile lui-même. Les plus grands espoirs étaient placés dans le Saint Concile, capable par son autorité d’accélérer la réforme de la direction ecclésiastique et de lui donner une direction et un caractère plus déterminé, [c’est-à-dire où, quand et comment la mettre en oeuvre]. Les documents prouvent que le Saint Concile de 1917-1918, n’a pas ajouté quelque chose de fondamentalement nouveau à la discussion sur les circonscriptions métropolitaines. A la fin des discussions, le Concile pris la décision de confirmer les circonscriptions ecclésiastiques [existantes] mais [il décida cependant aussi] de confier à la Direction Supérieure de l’Eglise le nombre et la répartition des diocèses situés sur [le territoire de ces circonscriptions]. C’est de cette façon que le Saint Concile de l’Eglise Orthodoxe Russe a béni l’ouverture de circonscriptions métropolitaines. Ce sont les mouvements politiques qui empêchèrent l’incarnation pratique de cette décision de l’intelligence conciliaire et nous-mêmes, jusqu’à ce jour, nous ne sommes pas non plus parvenus à surmonter définitivement la conséquence de ces mouvements, y compris ici, en Europe Occidentale. Maintenant, face à nous, se trouve le problème actuel de la mise en pratique des décisions du Concile de 1917-1918, conformément aux conditions actuelles. L’apparition d’Eglises dirigées de manière autonome constitue un pas concret dans cette direction. Les Eglises d’Ukraine et de Lettonie en 1992, l’Eglise d’Estonie en 1993, l’Eglise de Moldavie en 1994, ont reçu le statut d’Eglises dirigées de manière autonome. Chacune d’elles apparaît comme une partie inséparable de l’Eglise Orthodoxe Russe ; cependant, dans les questions mentionnées par les Statuts de l’Eglise Orthodoxe Russe adoptés par le Concile des Evêques en 2000, ces Eglises conservent indépendance et autonomie. Un autre reflet contemporain des positions [exprimées par] le Concile de 1917-1918 au sujet de la construction métropolitaine, peut être trouvé dans les décisions du Saint Synode du 7 mai 2003 concernant la formation, en République du Kazakhstan, d’une circonscription métropolitaine constituée de trois diocèses. Cette première expérience d’organisation de circonscription métropolitaine a trouvé son prolongement dans l’initiative du Patriarche de Moscou et de toutes les Russies Alexis II, au mois d’Avril de cette année. Sa Sainteté a proposé aux évêques des diocèses russes en Europe Occidentale devenus depuis longtemps déjà pluriethniques, et aussi bien à toutes les paroisses [qui relèvent de] la tradition spirituelle russe, de créer une circonscription métropolitaine qui aurait les droits [constitutifs] de l’autonomie pour sa direction intérieure. L’ouverture d’une telle circonscription pourrait objectivement constituer un pas nécessaire vers la solution des problèmes qui se posent à présent à la vie orthodoxe en Europe Occidentale et vers la mise en pratique dans la vie des idées du Saint Concile de 1917-1918, mais aussi une réponse contemporaine aux questions qui furent posées lors de notre passé tragique mais néanmoins grand et glorieux. » |
Traduction : Sobolev et van
Taack
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: protodiacre André
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2003
20/11/2003